Focus technique - avril 2025

Construire en zone de glissement de terrain

Focus technique – avril 2025

Quelle est la différence entre un glissement spontané (GSS) et un glissement permanent (GPP)?

Le glissement spontané se produit très rapidement. Une masse de terrain meuble (terre) se déplace vers l’aval en quelques secondes. Il se déclenche par l’arrivée d’eau dans le terrain, souvent lors de fortes pluies ou par la modification du niveau d’équilibre de la pente, par exemple lors de l’ouverture d’une fouille. Des coulées de boue sont parfois observées lorsque le niveau de saturation
en eau est très élevé. Il peut induire des dommages aux bâtiments, aux aménagements extérieurs ou aux infrastructures comme les routes et les canalisations.

Le glissement permanent concerne souvent des masses de terrain meuble, ou même de roches, beaucoup plus grandes. Les mouvements se passent souvent par phases et de manière hétérogène, mais avec des déplacements moyens de quelques millimètres à quelques centimètres par an. La saturation d’eau dans le terrain joue un rôle majeur, également dans ce type de glissement, mais les phases de mouvement sont plus influencées par les pluies de longues durées ou sur plusieurs jours. Les dégâts observés sont généralement des fissures sur les
bâtiments ou sur les routes. Certains glissements sont stabilisés et ne présentent plus de mouvement observable. Néanmoins, les mouvements passés ont détérioré les caractéristiques géotechniques et donc la stabilité des terrains glissés.

À quoi faut-il s’attendre sur un glissement de terrain permanent, même stabilisé, en termes de construction?

Ces zones sont en équilibre fragile, qui peut être rompu par des travaux. Par exemple, la construction d’un mur de soutènement, avec l’apport de remblai, va créer une surcharge du terrain qui peut réactiver ou accélérer tout ou partie d’un glissement permanent (voir illustration ci-dessous). L’ouverture d’une fouille peut, quant à elle, déstabiliser la masse à l’amont par la suppression de son appui, en déclenchant un mouvement ou en réactivant le glissement ancien. Par ailleurs, la modification des écoulements d’eaux en surface peut également provoquer cette rupture d’équilibre. Dans ces trois cas, des travaux de minime importance peuvent déjà provoquer des dégâts importants

Comment se réactive un glissement de terrain?

Quelle est l'implication pour une commune?

Dans le cas d’un projet soumis à autorisation cantonale au sens des art. 103 et 120 LATC, c’est l’ECA qui se prononce sur les exigences de construction dans les zones de danger ; il peut d’ailleurs demander l’établissement d’une évaluation locale de risque dans le cadre de la circulation CAMAC.

En revanche, pour des travaux de minime importance au sens de l’art. 68a, al. 2 RLATC non soumis à autorisation, comme par exemple les excavations et travaux de terrassement ne dépassant pas la hauteur de 0,50 m et le volume de 10 m3, un géotechnicien devrait être systématiquement consulté pour calculer l’effet de la construction sur la stabilité du terrain dans une zone de glissement de terrain permanent.

Glissement de terrain permanent (source : vd.ch/environnement/dangers-naturels)

Et les glissements spontanés?

Les zones de glissements spontanés ont aussi été déterminées sur la base de leur stabilité faible, même si aucun mouvement n’y a été observé. Il faut donc également en tenir compte de la même manière.

Comment savoir si une zone est instable?

Les cartes de dangers naturels «glissements profonds permanents» et «glissements superficiels spontanés » sont accessibles auprès du guichet cartographique du Canton de Vaud. En cas de doute, la division Prévention de l’ECA peut vous renseigner.

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